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La rédaction, « Édito », Lectures anthropologiques [En ligne], 5 | 2019, mis en ligne le 24 décembre 2019, consulté le 29 octobre 2020. URL : https://www.lecturesanthropologiques.fr/709

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La mise en ligne du numéro 5 de la revue Lectures anthropologiques se fait en ces temps troublés où la recherche est l’objet d’attaques répétées. La Loi de Programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) en incarne l’ultime étape, prônant notamment l’application d’un « darwinisme social ». Nous, membres du comité de rédaction, réfutons cette conception de la recherche.

Nous avons choisi d’éditer ce numéro, mais d’en retarder la communication. Pourquoi cette décision ? D’une part, nous nous sommes engagé.e.s auprès de nos collègues auteur.e.s et nous désirons honorer nos engagements. D’autre part, parmi les personnes ayant écrit et travaillé pour ce numéro, certaines sont précisément dans des conditions précaires telles que les produit l’industrie de la recherche aujourd’hui. Il s’agit donc de regarder en face le fait que différer une publication n’a pas le même coût pour une personne statutaire et pour une personne en recherche de poste ou de contrat.

Nous déplorons les conditions actuelles dans lesquelles l’enseignement supérieur est prodigué et le savoir, produit. L’une des manières de lutter contre cette dégradation est d’expliciter clairement les conditions de cette production. La revue Lectures anthropologiques fonctionne entièrement sur le bénévolat, sans subvention d’aucune sorte, sans secrétariat de rédaction et avec l’unique travail de chercheur.e.s et enseignant.e.s-chercheur.e.s déjà très sollicité.e.s par ailleurs. Le projet éditorial de la revue repose sur l’idée de commun et de mise en commun, promouvant une curiosité à même de limiter les écueils de la spécialisation par objet ou domaine de la discipline : il s’inscrit de fait dans un souci du collectif et une vision du savoir évidemment très éloignée de ce que la LPPR et d’autres réformes en cours (retraite, assurance chômage notamment) défendent.

La sortie d’un numéro couronne des heures de travail et une collaboration avec chaque auteur.e, chaque collègue acceptant d’évaluer les textes. Raisons pour lesquelles nous sommes très heureux.es de livrer ce numéro 5 qui porte sur l’énergie et les manières dont les Sciences humaines et sociales s’en emparent.

Après avoir mis à l’honneur des thématiques qui intéressent actuellement notre discipline et donnent lieu à une abondante littérature, nous avons choisi ici de présenter un thème qui, bien que davantage développé dans les pays anglo-saxons, reste en cours de constitution et relativement méconnu en France ; ceci alors que, comme l’affirment Nathalie Ortar et Tristan Loloum dans l’introduction de ce dossier : « Les modes de production, distribution et consommation de l’énergie façonnent les sociétés, les institutions politiques, les cultures et plus largement nos conceptions du monde ».

Or, cet objet suscite un certain nombre de questions qui intéressent la discipline dans son ensemble. Bien que circonscrit, il nécessite de mobiliser d’autres domaines - tant le politique que la famille ou l’identité, par exemple. Il questionne la posture des chercheur.e.s puisque celles et ceux qui s’emparent de l’objet énergie dans un contexte de transition énergétique doivent à la fois dépasser les représentations normatives véhiculées par les politiques publiques et les médias, notamment par la mobilisation d’appareils théoriques forts ; et s’interroger sur les conditions d’un éventuel engagement en ces temps de réchauffement climatique.

Nous pourrions vous dévoiler le riche contenu de ce dossier, mais nous préférons vous inviter à la lecture, en vous rappelant qu’il vous est possible d’engager un débat argumenté à partir de vos réactions aux différents articles.

La rédaction

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